C'est l'histoire d'un couple qui, arrivé dans la quarantaine, s'organise pour partir un an, en congé sabbatique, sac au dos, en Asie.
Petit détail : ceci s'est passé en 92-93 !
Après relecture de Routards & Cie, que Sally avait rédigé à notre retour, nous avons décidé d'en faire un blog d'une durée d'un an en respectant le texte original et sa chronologie afin d'y retrouver les émotions de l'époque.
Les 675 photos, les 65 documents scannés, les 12 dessins, les 125 vidéos et les 95 enregistrements sonores sont d'époque aussi.
Bonne lecture !

Labuanbajo, île de Florès, 3 juillet 1993

Cliquez sur l'image, pour mieux voir l'itinéraire prévu, qui est en jaune

Mais oui, nous sommes bien partis, après que la piste de l’aéroport de Bima a été dégagée
 du troupeau de chèvres qui s’y promenait. Seulement deux heures de retard !
La salle d’embarquement est pleine à craquer, pour un coucou de 22 sièges, c’est curieux. À l’annonce du départ, toute la foule se lève, les hommes sortent discrètement un mouchoir, les femmes essuient leurs larmes avec leur voile et chacun dit au revoir à LA jeune fille en pleurs qui se dirige vers la porte d’embarquement !

Ambiance très sympathique au Bajo Beach où nous sommes actuellement - ne cherchez pas la plage, elle est à deux kilomètres ! Le personnel est aux petits soins pour ses routards de clients. La plupart d’entre eux quitteront le port de Labuanbajo pour l’île de Komodo, où nous avons décidé de ne pas aller voir les varans dévorer les chèvres devant les touristes.

Une courte promenade dans la rue principale de Labuanbajo ne nous laisse aucun doute quant à la date de notre départ vers l’est de Florès : ce sera demain à 7 heures !
En bus local.

Bima, île de Sumbawa, 2 juillet 1993

Marais salants vus d'avion

Nous voici dans un trou perdu, où nous avons dû faire escale, faute de places disponibles jusqu’à Florès.
Le bureau de Merpati à l’aéroport ne peut faire les réservations (!), nous nous rendons en ville puisque, de toute façon, nous devons au moins passer une journée à Bima. Pas de chance, c’est vendredi, c’est musulman, c’est l’heure de la grande prière, c’est fermé.


Allons déjeuner. Voulez-vous un petit topo personnel sur la nourriture indonésienne ? En France, dans tous les restaurants indonésiens, on propose une table de riz ou rijstaffel. Ici, il n’y en a nulle part sauf, peut-être, dans les restaurants de luxe, car c’est en fait un menu dégustation inventé par les Hollandais, destiné à faire découvrir la nourriture locale.
Pour nous, les plats qui reviennent le plus souvent sont le riz frit - nasi goreng -, et les nouilles sautées - bami goreng - avec des légumes, ou de la viande en petits morceaux.
Mon plat préféré, celui sur lequel je fais des études quasi journalières s’appelle le gado gado (ou gado 2). Il s’agit d’un assortiment de légumes cuits - épinards, pommes de terre, haricots verts, germes de soja, etc.- mélangé avec des cubes de tofu, le tout recouvert d’une épaisse sauce marron à base de cacahuète et piment. Il est souvent nécessaire de tempérer la “chaleur” du piment par une assiette de riz blanc.
Les fruits sont excellents ; papayes, pastèques, ananas, et nous découvrons en Indonésie 36 sortes de bananes toutes plus délicieuses les unes que les autres. Il existe également un fruit en forme de figue, à la peau de lézard :  le salak croquant et acidulé dont c’est la pleine saison. Fin du chapitre culinaire.



Après le déjeuner, nous retournons au bureau de Merpati : un billettiste est occupé avec un client ; autour de lui, ses collègues bavardent joyeusement devant le distributeur de boissons, un autre va ranger sa bicyclette dans le bureau du fond, bref, tout le monde est bien occupé ! On aurait dû emporter de la lecture.
Après un certain temps, c’est notre tour : “Nous aimerions réserver deux places pour Labuanbajo demain, s’il vous plaît.” (surtout rester polie).
Le type fronce les sourcils en regardant fixement les billets que je lui tends : “Il faut revenir demain matin”, dit-il.
- Mais, le vol décolle le matin, que je lui réponds en essayant de rester calme.
- Nous devons attendre la liaison radio avec Den Pasar qui centralise les réservations, rétorque-t-il, on ne sait jamais si on va pouvoir les joindre.
Nous décidons d’attendre. Quel miracle ! Cinq minutes plus tard, nos places sont confirmées par une voix sortie de 20 000 lieues sous les mers, et nos deux noms viennent s’ajouter à la liste manuelle, raturée et fléchée dans tous les sens. Apparemment, nous partons demain.

Mataram, île de Lombok, 1er juillet 1993

Nous quittons Kuta pour Mataram où nous essayerons de trouver un avion pour Florès. Il paraît que ce n’est pas facile…

Datura

A Mataram, le
bemo ne connaît pas l'hôtel que nous avions sélectionné et nous laisse en plan dans le centre-ville. Nous voyant un peu perdus, une personne nous propose de nous aider. Coup de chance, c'est le propriétaire du Oka Hotel. Second coup de chance, son hôtel de 5 chambres, se révèle très agréable !


Kuta, île de Lombok, 30 juin 1993

Avant
Nous louons une moto pour visiter les environs : l’île est très vallonnée, très verte, les habitants vivent de l’agriculture et de la pêche. Très peu de touristes. Rien à voir avec la voisine, Bali.

L’autre matin, un incident technique indépendant de notre volonté interrompt le programme de la journée : la moto se cabre pendant un changement de vitesse en montée, je tombe en arrière en me brûlant la cheville sur le pot d’échappement, pendant que François, tel un cow-boy dans un rodéo, essaie de maîtriser l’engin en serrant l’accélérateur ! Nous rentrons soigner la cheville, avant de rendre la moto. J’en tremble encore !

Après


 Décidément, Lombok est l’île de tous les dangers ! Après le tremblement de terre, après l’incident moto, voici l’incident y’a-un-intrus-dans-la-salle-de-bains ; il a dû entrer pendant notre absence. Il est complètement paniqué lorsque nous pénétrons dans la salle d’eau, et s’immobilise comme tétanisé. Je cours chercher un employé de l’hôtel, je lui explique la situation, et il me suit, armé d’une longue perche dont il frappe les murs de la chambre.
Aussitôt, l‘intrus se cache prestement sous un lit puis il file à toute vitesse vers la porte. Et là, il reçoit un tel coup de perche qu’il en perd sa queue, qui continue de se tortiller par terre pendant qu’il galope vers un abri plus sûr. Pauvre tokay (vous vous rappelez, c’est un gros lézard), nous, on voulait juste le faire sortir, car son cri nous aurait empêchés de dormir.

Kuta, île de Lombok, 29 juin 1993

Virée dans les environs de Kuta, en motos avec chauffeurs. Petits villages avec les greniers à riz traditionnels, rizières à sec qui attendent la mousson, petites cocoteraies...


Tissus artisanaux dans le village de Sade



Passage chez Merpati, la compagnie aérienne intérieure indonésienne : impossible d'avoir des billets pour Labuanbajo sur l'île de Florès.

Kuta, île de Lombok, 27 juin 1993



Stop à Kuta. Nous sommes les seuls clients du Cockaroo. On nous sert les repas sur notre terrasse. Nous décidons de nous reposer ici pendant quelques jours, même si la plage n’est toujours pas à la hauteur de nos espérances.

Petit marché en bordure de plage



Réveillés à deux heures du matin par un grondement - que j’ai d’abord pris pour le bruit d’un avion - et par le tintement des vitres contre les clous qui les fixent, et le lit qui tremblote. Ça n’a duré que quelques secondes. Peut-être 3 sur l’échelle de Richter ? Aujourd’hui, les gens n’en parlent même pas ! Ils ont l’habitude.

Gili Trawangan, île de Lombok, 26 juin 1993



Depuis 2 jours nous sommes à Gili Trawangan.
Beaucoup de bâtiments en bois (hôtels, restos...) ont été détruits par la police (pilotis sciés à la tronçonneuse) à cause d'impôts impayés. On parle aussi d'un projet de golf ?
Pour les plages nous avons retrouvé à peu près les mêmes problèmes qu'à Gili Air.


[Promenade en cariole]
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